Je t'écris

Dans un silence déboutonné

De bleus d'été.

Je t'écris toujours

D'un bout de ciel

Par moments 

Des mots d'acier

Par moments des mots feuilles.

 

Parfois

Un maigre mot

M'escalade

- mon maigre mot déchu -

Et tire sur le cordon des visages.

 

J'écris alors

Des entiers mondes

Je parcours tous les vents

Perçant les yeux des tempêtes

 

      Parce que j'ai mal

      A sa peau battante et bleuie

      Qui cherche ma bouche pour danser.

 

J'écris alors des mers d'histoires

De pacifiques sans horizons

De sables sur plages d'ivresse

De blés et de champs

Dont le jaune fouette les pupilles.

 

Et vient le moment

Où je reviens, 

Fatiguée sûrement, un peu

D'avoir encore accosté

Aux territoires de ton visage.

 

Me prend la lenteur

D'avoir encore cru à

Ces voyages inutiles

Dans le papier et l'encre.

D'avoir encore cru

L'oubli

Ne serait-ce qu'un jour, une heure

Alors que chaque soir

Sous les draps nocturnes

Ce sont tes yeux

Qui habitent mon outre-rêve.

 

Nathalie BARDOU 13 aout 2016